«Apprendre par le geste»

Le week-end dernier, j’ai assisté au «Festival de l’Ecole de la Vie» à Montpellier, pour la seconde fois.

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous toutes les belles choses que j’ai pu découvrir ou redécouvrir.

Le festival se compose de conférences (très nombreuses), d’ateliers et d’un grand nombre d’exposants spécialisés dans l’enfance, le bien-être, les écoles alternatives, la spiritualité, etc.

D’un point de vu éducatif, scolarité, pédagogie, et tout ce qui touche aux enfants en difficulté (trouble des apprentissages, trouble du comportement, dys etc.) j’ai pu enrichir l’ensemble de mes connaissances.

J’ai assisté à plusieurs atelier et conférences.

Aujourd’hui je vais vous parler de l’atelier « apprendre à lire et à écrire par le chant et le geste».

Déjà pleinement convaincue de l’importance du mouvement dans les apprentissages c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai découvert une méthode qui m’était encore inconnue.

Je connaissais la méthode Borel Maizonny qui a plusieurs points communs avec celle que je vais vous décrire.

Lors de cette atelier, j’ai découvert la pédagogie «jean qui rit», il s’agit d’une méthode d’apprentissage à la lecture et à l’écriture inspirée par les recherches et les travaux de madame BUGNET.

En effet cette chère madame BUGNET (infirmière) qui en voulant soigner les souffrances des blessés de guerre a rapidement compris l’importance de détendre les muscles. Après la guerre elle décide d’étendre cette méthode aux enfants qui apprennent l’écriture et qui ressentent d’importantes crispassions et tensions lors de leurs apprentissages ! aparté de psychomot, ça c’est de la psychomot à l’état pure…et ça ne s’arrête pas là … .

De là, elle crée une méthode gestuelle afin de libérer l’ensemble des muscles et afin de permettre une meilleure mise en place du schéma corporel.

La méthode qui s’inspire des travaux et réflexions de Madame BUGNET se nomme la méthode du «bon départ».

Celle dont je vais vous parler se nomme «Jean qui rit» elle s’est beaucoup inspirée de la méthode du «bon départ» mais en utilisant ses propres comptines et avec des rythmes propre à sa méthode.

Qu’en est-il de cette merveilleuse méthode?

Cette méthode propose une image et un geste (mémoire visuelle et kinesthésique) pour chacune des lettres de l’alphabet.

A chaque lettre et du coup à chaque photo, une petite histoire très courte est racontée à l’enfant.

Cette méthode propose également des dictées sans crayon, c’est à dire en utilisant simplement les gestes appris pour les lettres et l’association voyelles et consonnes par la combinaison des gestes…

En plus des gestes, du visuel, et des petites histoires afin de retenir les lettres, la méthode utilise également l’écriture dans l’espace, que nous utilisons beaucoup en psychomot pour travailler l’écriture.

Ainsi l’enfant intègre la mécanique du geste pour telle et telle lettre d’abord dans l’air, puis petit à petit sur la feuille avec l’outil scripteur.

De plus à chacun des gestes est associé un rythme. Par exemple la lettre I s’écrit en trois temps…on l’écrit et on le chante en faisant le I dans l’espace.

Cette méthode fait également travailler les deux côtés du corps, par exemple nous allons écrire le i dans l’espace d’abord avec notre main droite puis avec la main gauche (très intéressant notamment pour les enfants mal latéralisés, ou dont la latéralité n’est pas encore stable).

Il existe également le coussin de sable qui est posé sur le bureau sur lequel l’enfant va d’abord taper, puis presser, lors des exercices de rythmes chantés.

Dans cette méthode l’enfant travaille par le mouvement, avec l’ensemble de son corps et beaucoup d’exercices/ jeux sont réalisés debout.

Cette méthode aide à détendre et libérer l’ensemble des muscles et de ce fait aide à l’intégration du schéma corporel.

Le principe de cette méthode est de permettre à l’enfant d’apprendre de manière ludique en partant d’abord d’un geste global et large puis une fois acquis le geste se précise.

Mon avis: la psychomotricité s’est beaucoup inspirée de plusieurs de ces principes.

Je suis convaincue par cette méthode et je vais continuer mes recherches afin d’enrichir mes propositions auprès des enfants que je rencontre en soutien scolaire.

Je pense que pour certains enfants, passer par le corps et délaisser un peu le stylo, peut être une aide extrêmement favorable afin de les aider à entrer dans l’écriture.

Le fait d’acquérir le mécanisme du geste de l’écriture sans mettre l’enfant en situation d’échec face à sa feuille et son stylo est indispensable pour des enfants pour qui l’écriture n’est pas quelque chose de facile.